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日志


1月24日

Lettre d'une inconnue-一个陌生女人的来信

---Stefan Zweig  

Je veux te révéler toute ma vie, cette vie qui véritablement n’a commencé que du jour où je t’ai connu. Auparavant, ce n’était qu’une chose trouble et confuse, dans laquelle mon souvenir ne se replongeait jamais ; c’était comme une cave où la poussière et les toiles d’araignée recouvraient des objets et des êtres aux vagues contours, et dont mon coeur ne sait plus rien.

    我要向你倾吐我整个的一生,我的一生是从认识你的那一天才真正开始的。在此之前,我的生活是阴郁悲伤、杂乱无章的。我再也不愿意回想起来,因为它就像是一个到处蒙着灰尘、结着蛛网、散发着霉湿味的地窖,对于这里面的人和物,我的心早已淡忘了。

 

 Rien sur la terre ne ressemble à l’amour inaperçu d’une enfant retirée dans l’ombre ; cet amour est si désintéressé, si humble, si soumis, si attentif et si passionné que jamais il ne pourra être égalé par l’amour fait de désir et malgré tout exigeant, d’une femme épanouie. Seuls les enfants solitaires peuvent garder pour eux toute leur passion : les autres dispersent leur sentiment dans des bavardages et l’émoussent dans des confidences ; ils ont beaucoup entendu parler de l’amour, ils l’ont retrouvé dans les livres, et ils savent que c’est une loi commune. Ils jouent avec lui comme avec un hochet ; ils en tirent vanité, comme un garçon de sa première cigarette. Mais moi, je n’avais personne à qui me confier, je n’avais personne pour m’instruire et m’avertir, j’étais inexpérimentée et ignorante : je me précipitai dans mon destin comme dans un abîme. Tout ce qui montait et s’épanouissait dans mon être ne connaissait que toi, ne savait que rêver de toi et te prendre pour confident.

在这个世界上,没有任何东西比得上一个孩子暗中怀有的不为人知的爱情,这种爱情是如此希望渺茫,低声下气,曲意逢迎,委身屈从,热情奔放,这和一个成年女子那种欲火炽烈、贪求无餍的爱情完全不同。只有孤独的孩子才能把全部热情集聚起来,其他人在社交活动中早已滥用了自己的感情,在和别人的亲切交往中早已把感情消磨殆尽。他们听说过许多关于爱情的事,在小说里常常读到爱情,他们知道爱情是人们共同的命运。他们玩弄爱情,就像摆弄一个玩具,他们夸耀自己的爱情,就像男孩子夸耀他们抽了第一支香烟那样洋洋得意。但是我身边没有别人,没有人可以让我向他诉说我的心事,没有人指点我、告诫我,我没有人生阅历,毫无思想准备:我一头栽进我的命运,就像跌进万丈深渊。我心里容纳、生长的只有一个人,那就是你,我在梦中也见到你,你就是我的知音。

 

 Mais je t’attendais, je t’attendais, je t’attendais comme mon destin.

我等着你,等着你,就像等待我的命运。

 

Est-il besoin de te dire où je me rendis d’abord, lorsque par un soir brumeux d’automne ------ enfin ! enfin ! ------ j’arrivai à Vienne ? Je laissai ma malle à la gare, je me précipitai dans un tramway------avec quelle lenteur il me semblait marchait ! chaque arrêt m’exaspérait, ------ et je courus devant la maison. Tes fenêtres étaient éclairées, tout mon coeur battait violemment. C’est alors seulement que je retrouvai de la vie dans cette ville, dont jusqu’à ce moment tout le vacarme avait été pour moi si étranger, si vide de sens ; c’est alors seulement que je me repris à vivre, en me sentant près de toi, mon rêve de toujours. Je ne me doutais pas que je n’étais pas plus loin de ta pensée quand il y avait entre nous vallées, montagnes et rivières, qu’à cette heure où il n’y avait entre toi et mon regard brillant que la mince vitre éclairée de ta fenêtre. Je regardais là-haut, toujours là-haut : là il y avait de la lumière, là était la maison, là tu étais, toi mon univers. Pendant deux ans j’avais rêvé à cette heure ; maintenant il m’était donné de la vivre. Et toute la soirée, cette soirée d’automne nuageuse et douce, je restai devant tes fenêtres jusqu’à ce que la lumière s’éteignît. Ce n’est qu’ensuite que j’allai à la recherche de ma demeure.

在一个雾气迷濛的秋日傍晚,我终于,终于来到了维也纳!还有必要告诉你,我首先是到哪儿去的吗?我把箱子存放在火车站,跳上一辆电车——我觉得这电车开得多慢啊,它每停一站都使我心里冒火——一直狂奔到那幢房子跟前。你的窗户还亮着灯光,我的整个心灵都发出了动人的声音。这座城市,这座曾经那么陌生,那么毫无意义地在我身边喧嚣嘈杂的城市,此时才获得了生气,到这时候,我才又重新复活,因为我感觉到你就在身旁,你,我的永恒的梦。我并没有想到,我对于你的心灵来说,无论是相隔无数的山川河流,还是你我那抬头仰望的目光之间只相隔一层透明的玻璃窗,实际上都是同样的遥远。我抬头看啊,看啊;那儿有灯光,那儿是房子,那儿是你,那儿就是我的天地。两年来我一直朝思暮想着这一时刻,现在总算赐给了我。这个漫长的、天气温和、夜雾弥漫的夜晚,我一直站在你的窗下,直到你房里的灯光熄灭,我才去寻找我的住处。

 

 Nous montâmes chez toi. Excuse-moi, mon bien-aimé, si je te dis que tu ne peux pas comprendre ce qu’était pour moi cette montée, cet escalier, quel enivrement, quel trouble j’éprouvais, quel bonheur fou, torturant, mortel presque. Maintenant encore à peine puis-je y penser sans larmes, et pourtant je n’en ai plus. Mais imagine-toi seulement que là, chaque objet était pour ainsi dire imprégné de ma passion, représentait un symbole de mon enfance, de mon attente : la porte devant laquelle je t’ai attendu mille fois, l’escalier où j’ai toujours épié et deviné ton pas et où je t’ai vu pour la première fois, la petite lunette où j’ai appris à sonder toute mon âme, le tapis devant la porte, sur lequel un jour je me suis agenouillée, le grincement de la clé qui toujours m’a fait quitter en sursaut mon poste d’écoute. Toute mon enfance, toute ma passion avaient ici leur nid, dans cet espace réduit ; là se trouvait toute ma vie. Et voici qu’une sorte de tempête s’abattait sur moi, maintenant que tout, tout s’accomplissait et qu’avec toi, moi et toi ! j’entrais dans ta maison, dans notre maison. Pense que jusqu’à ta porte,------ mes mots certes ont un air banal, mais je ne sais pas le dire autrement, ------ tout, durant mon existence, n’avait encore été que triste réalité ; je n’avais vu devant moi qu’un monde terne et quotidien, et voilà que s’ouvrai le pays enchanté dont rêve l’enfant, le royaume d’Aladin. Pense que, mille fois, mes yeux avaient fixé ardemment cette porte que je franchissais maintenant d’un pas chancelant, et tu sentiras ------ tu sentiras seulement, car jamais, mon bien-aimé, tu ne le sauras tout à fait ! ------ combien d’heures de ma vie se concentraient en cette vertigineuse minute.

我们一起上楼到你的房间里。原谅我,亲爱的,即使我对你说,你也不会明白,这条楼道,这楼梯对我意味着什么,我当时感到了怎样的陶醉、怎样的迷乱、怎样的疯狂的、痛苦的、几乎是致命的幸福啊!直到现在,当我想起这一切时,我还忍不住潸然泪下,可是我已经没有眼泪了。那里的每一件东西都渗透了我的激情,都是我童年时代满怀憧憬的象征:在这个大门口,我千百次地等待过你;在这座楼梯上,我经常偷听着你的脚步声,并在那儿第一次看见了你;那个窥视孔,透过它我几乎看得神魂颠倒;曾经有一次,我跪在你门前的小地毯上,听到你房门钥匙的响声,我便从我躲着的地方吃惊地一跃而起。我的整个童年,我全部的激情都保留这几米长的空间之中,我整个的一生都在这里,而如今,一切都如愿以偿了,我和你走在一起,和你一起,在你的、我们的楼里走着,过往的生活便犹如暴风雨般向我劈头盖脑地冲了下来。你想想吧,——我这话听起来也许很俗气,可是我不知道怎么用别的话来说——一直到你的房门口为止,一切都是现实的、沉闷的、平凡的世界,到你房门口起,便开始了孩子的魔法世界,阿拉丁的王国;你想一想,我曾千百次望眼欲穿地盯着你的房门,而现在我正如醉如痴地迈步走了进去,你无法想象——即使能模糊地感到,却永远也不会完全知道,我亲爱的!——这迅速流逝的一分钟从我的生活中究竟带走了什么。

 

Toujours je t’ai aimé, toujours j’ai béni l’heure où je t’ai rencontré. Et dussé-je de nouveau traverser l’enfer de ces heures-là, quand bien même je saurais d’avance ce qui m’attend, ô mon bien-aimé, je referais encore une fois ce que j’ai fait, encore une fois, encore mille fois !

我从始致终都爱你,一直为你我相遇的那些时刻而欣喜万分。假如由于那些时刻我还得再去一次这样的地狱,并且事先知道我将受到怎样的折磨,我也不惜再受一次,我亲爱的,愿意再受一次、再受一千次!

 

Chaque homme à qui je me donnais me prenait en affection ; tous m’ont été reconnaissants, tous se sont attaché à moi, tous m’ont aimée...tous, sauf toi, oui, toi seul, ô mon bien-aimé !

每一个我委身相与的男子都喜欢我,他们大家都感谢我,都依恋我,都爱我——只有你,只有你不,我的亲爱的! 

   

 Et je crois que si tu m’appelais sur mon lit de mort, je trouverais encore la force de me lever et d’aller te rejoindre.

而且我相信,只要你叫我,哪怕我已经躺在尸床上,我也会立即获得一股力量站起来跟你走。

 Mais qui... qui maintenant, chaque année, pour ton anniversaire, t’enverra des roses blanches ? Ah ! le vase sera vide, et ce sera fini aussi de ce faible souffle de ma vie, de cette haleine de mon être qui flottait une fois l’an autour de toi ! Mon bien-aimé, écoute, je t’en prie... c’est la première et la dernière prière que je t’adresse... par amour pour moi, fais ce que je te demande : à chacun de tes anniversaires------ car c’est un jour où l’on pense à soi------procure-toi des roses et mets-les dans le vase. Fais cela , fais cela comme d’autres font dire une messe une fois l’an, pour une chère défunte. Je ne crois plus en Dieu et ne veux pas de messe ; je ne crois qu’en toi, je n’aime que toi et ne veux survire qu’en toi... Oh ! rien qu’un jour dans l’année et tout à fait, tout à fait silencieusement, comme j’ai vécu à côté de toi... Je t’ en prie, fais-le, ô mon bien-aimé... C’est la première prière que je t’adresse, c’est aussi la dernière... Je te remercie... je t’aime... je t’aime... adieu...

 可是谁……如今谁还会在你生日的时候给你送去白玫瑰呢?啊,花瓶将会空空如也,往昔一年一度萦绕在你四周的我那轻微的呼吸、我心底的那份情意,从此也将烟消云散了!亲爱的,听我说,我求你……这是我对你的第一个、也是最后一个请求……请你做一件让我欣慰的事,每年你过生日的时候,——过生日的那天,每个人总想到他自己——去买些玫瑰花来插在花瓶里。请照我说的去做吧,亲爱的,就像别人一年一度为一个亲爱的死者做弥撒一样。我已经不相信上帝了,我不要别人给我做弥撒,我只相信你,只爱你,只愿在你的心中活下去……唉,一年就只要一天,只是静静地,完全无声无息地在你心中活那么一天,就像我曾经活在你身边一样……我求你,照我说的去做,亲爱的……这是我对你的第一个请求,也是最后一个……我感谢你……我爱你,我爱你……永别了……